Revue culturelle d’avril 2021

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Cette page rassemble des notes sur ce que j’ai vu, lu ou entendu ces derniers temps dans le domaine de la culture. Il ne s’agit pas forcément de sorties d’actualité.

Cinéma

Le court métrage As It Used To Be (de Clément Gonzalez) date de 2013 mais il a été abondamment partagé au moment du premier confinement du printemps 2020. Il met en scène un professeur qui fait cours face à une caméra dans un amphithéâtre vide, jusqu’au jour où une élève rentre dans la salle… La situation du film résonne avec ce que nous vivons actuellement, et en particulier dans mon expérience de professeur.

J’apprécie toujours autant la musique des Blues Brothers, dont j’ai le CD depuis vingt ans, et je n’avais encore jamais vu le film de John Landis. C’est un festival de pointures de la chanson, mais la réalisation est assez décevante, et le record du nombre de voitures accidentées ne me semble pas un argument très raisonnable.

Les Triplettes de Belleville (Sylvain Chomet) peuvent difficilement laisser indifférent. Ce dessin animé férocement drôle et un peu mélancolique me charme toujours pour son sens du rythme et son trait démesurément loufoque (mention spéciale au paquebot vertigineux). En comparaison Le Magasin des suicides est un peu gentillet.

Dans la peau de John Malkovich (Spike Jonze) est vraiment un film à part, dans lequel l’acteur joue son propre rôle, mais où une machinerie permet à des tiers de voir par ses yeux à son insu. L’absurde du demi-étage m’évoque le monde dystopique de Brazil de Terry Gilliam, et les aspects de faux documentaire le rapprochent de Zelig de Woody Allen.

Littérature

Romans

Ne pouvant plus attendre sa sortie en poche, je me suis fait offrir le quatrième tome de la Passe-Miroir : la Tempête des échos de Christelle Dabos. Voilà une écriture dense, travaillée, qui nous force à regarder où on met les pieds. Bien que les enseignes culturelles s’obstinent à la cataloguer en littérature de jeunesse, la réflexion sur le sacrifice et la confiance en l’autre me semble assez adulte. C’est lisible par des adolescents, mais ce n’est pas le cœur de cible.

La Faucheuse est un roman de Neal Shusterman (2016) inaugurant une trilogie facile à lire. Le contexte peu crédible repose sur l’idée qu’un ordinateur quasi omniscient et omnipotent a libéré l’être humain du vieillissement et de la maladie, reconstituant au besoin le corps de chacun en cas d’accident mortel. Cependant, l’élimination sans retour est assumée par une assemblée de faucheurs aux méthodes diverses dont les glanages ne sont jamais défaits par l’ordinateur. On pense un peu à l’univers dystopique de Hunger Games, qui vise à peu près le même public, mais La Faucheuse est un peu plus optimiste, moins politique, et avec un peu plus d’humour.

J’ai enfin lu 1Q84 de Haruki Murakami, pourtant sorti depuis dix ans. J’ai bien aimé le traitement un peu exotique de cette histoire fantastique, se présentant explicitement comme une uchronie associée au 1984 de George Orwell, mais assez loin en réalité dans son propos. Toutefois, j’ai eu un peu de mal avec le phrasé lapidaire (effet de la traduction ?) et les répétitions dans la narration. Peut-être serai-je plus convaincu par Kafka sur le rivage ?

Bande dessinée et récits graphiques

La Fille dans l’écran (Manon Desveaux et Lou Lubie) ne payait pas de mine, mais j’ai vraiment apprécié la fraicheur du trait (partagé par deux dessinatrices) et de l’intrigue. Il faut décidément que je trouve comment traduire feel good pour cette bande dessinée sympathique, à ranger avec Un petit goût de noisette et autres œuvres de Vanyda (L’immeuble d’en face, ou encore l’Année du dragon avec François Duprat).

C’est pendant le premier confinement que j’ai découvert Marc Dubuisson qui dessine pour la presse belge. Du coup j’ai emprunté À peu presque, avec des planches humoristiques replaçant nos travers contemporains dans des contextes historiques anachroniques. C’est décapant, linguistiquement fleuri, avec un absurde acidulé qui pourra séduire les amateurs de Desproges. On peut le retrouver aussi dans Oblik, le magazine d’Alternatives économiques.

Peut-on résumer simplement Perkeros (Ahonen et Alare), récit d’un groupe de rock metal (je ne m’aventurerai pas à spécifier plus avant) confronté à la puissance ésotérique de la musique. Bon, puisque le batteur du groupe est un ours, on peut estimer que le réalisme n’est pas une contrainte forte. Au final, je trouve que ça vaut le coup d’être lu, y compris dans le cadre du thème de BTS « De la musique avant toute chose ».